‘The whole is always smaller than its parts’ – a digital test of<scp>G</scp>abriel<scp>T</scp>ardes' monadsBruno Latour, Pablo Jensen, Tommaso Venturini et al.|British Journal of Sociology|2012 In this paper we argue that the new availability of digital data sets allows one to revisit Gabriel Tarde's (1843-1904) social theory that entirely dispensed with using notions such as individual or society. Our argument is that when it was impossible, cumbersome or simply slow to assemble and to navigate through the masses of information on particular items, it made sense to treat data about social connections by defining two levels: one for the element, the other for the aggregates. But once we have the experience of following individuals through their connections (which is often the case with profiles) it might be more rewarding to begin navigating datasets without making the distinction between the level of individual component and that of aggregated structure. It becomes possible to give some credibility to Tarde's strange notion of 'monads'. We claim that it is just this sort of navigational practice that is now made possible by digitally available databases and that such a practice could modify social theory if we could visualize this new type of exploration in a coherent way.
Sociologie du numériqueDominique Boullier|Armand Colin eBooks|2019 Le numérique au sens large (informatique, réseaux, médias, Internet) a envahi l’ensemble des activités humaines, des plus personnelles aux plus collectives, et a profondément modifié notre rapport aux autres, à l’espace, au temps. Porteur d’innovations permanentes, il fascine et effraie tout autant, et fait l’objet de multiples débats, analyses, controverses.\nCet ouvrage de référence en présente les cadrages théoriques et les concepts clés ainsi qu’une synthèse critique des travaux réalisés sur le sujet en sciences sociales. Cette nouvelle édition fait le point sur les évolutions récentes (le Machine Learning, la blockchain, le RGPD) et sur les enjeux contemporains (appels à la régulation, rôle croissant de la Chine, inflation des fakes news). Elle dresse un panorama des dernières avancées dans les domaines de la recherche : sociologie des algorithmes, des propagations et des makers ; économie de l’attention, plateformisation, économie comportementale à base de traces et de digital labor ; analyse politique du numérique dans la justice, la sécurité, le militaire ou la santé ; ou encore nouvelles méthodes des « humanités numériques ».
Les sciences sociales face aux traces du big dataDominique Boullier|Revue française de science politique|2015 Le big data « social » est exploité par des agences qui traitent en masse ces données et qui génèrent des corrélations prédictives pour les marques et pour les plateformes du web . Au-delà de « la société » et de « l’opinion », dont cet article rappelle la généalogie, apparaissent de nouvelles entités – les traces – candidates à une théorisation en termes de « vibrations », si l’on veut bénéficier de cette traçabilité généralisée d’entités au caractère encore incertain. Les phénomènes de haute vibration collective existaient avant l’émergence des réseaux numériques, mais ils laissent désormais des traces qui peuvent être calculées. La troisième génération de sciences sociales qui émerge doit assumer la particularité de ce monde des données créées par les réseaux numériques, sans tenter de les réduire aux catégories des sciences de la société ou de l’opinion.
The Attention Industries: Moving beyond Opinion and LoyaltyRésumé L’économie des biens informationnels mobilise une ressource peu comptabilisée, l’attention du public. Or, ce bien devient de plus en plus rare en raison d’une abondance de l’offre. Dès lors, plusieurs stratégies sont en compétition que l’article examine en montrant les dispositifs anciens sur lesquels elles s’appuient, leurs nouvelles formes numériques et les modalités attentionnelles mises en œuvre, identifiées par la littérature en sciences cognitives. La fidélisation, qui joue sur la durée, entre ainsi en compétition avec l’alerte, qui parie sur l’intensité. Une autre modalité attentionnelle émerge actuellement à partir des jeux vidéo, celle de l’immersion qui combine durée et intensité.
Les conventions pour une appropriation durable des TIC. Utiliser un ordinateur et conduire une voitureDominique Boullier|Sociologie du Travail|2001 L’appropriation des technologies par le grand public ne se déroule pas dans un face à face dépeuplé entre des machines et des humains. Par conséquent, un travail d’élaboration de conventions est nécessaire si l’on vise une appropriation durable et étendue. L’instabilité de ces TIC ne doit pas faire oublier que des formes naissantes de ces conventions peuvent être observées (à travers les services propriétaires, les moteurs de recherche ou encore les agents intelligents), même si un clivage des usages est aussi en cours, qui les sort du seul univers technique du micro-ordinateur.